Interview : Mathieu Crepel

Snowboard, grimpe, voile, surf… le rider pyrénéen Mathieu Crepel varie chaque année un peu plus les plaisirs ! On fait le point avec lui avant la nouvelle saison qui arrive à grands pas…

On t’a vu pas mal dans les Pyrénées ces derniers temps. Retour aux sources ou projet dans les cartons ?

Un peu les deux, c’est vrai que la saison 2021 a été un peu particulière avec la fermeture des stations et les limitations de voyage. J’ai aussi une volonté personnelle, par conviction, de voyager différemment, de ne pas être dans une course aux meilleures conditions à n’importe quel prix. Tout cela combiné m’a permis de passer plus de temps dans les Pyrénées, de découvrir des vallées que je ne connaissais pas et redécouvrir des spots avec un regard diffèrent de celui que j’avais quand j’étais kids sur les pentes du Tourmalet.
Ca m’a du coup donner l’envie de faire un film dans les Pyrénées mêlant le snowboard et la découverte de la verticalité par l’escalade, le tout dans le massif du Vignemale à la recherche de témoignages et de partage sur les glaciers pyrénéens.

Quels sont tes coins préférés dans les Pyrénées et quels endroits aimerais-tu encore explorer ?

Je reste très attaché aux environs du Pic du Midi, j’ai encore plein de choses à y faire. J’ai aussi fait quelques sorties en vallée d’Ossau, vallée d’Aspe qui ont aussi un potentiel incroyable. Tout cela ne représente qu’une petite partie de la chaîne et ca m’excite de savoir qu’il reste tant de choses à faire.
J’ai envie également de faire plus de montagne l’été. J’ai commencé a grimpé un peu cet été et je crois bien que j’ai été piqué. Je fais aussi du parapente depuis quelques années et c’est un super moyen d’aventure et de découverte.

Quand et comment as-tu commencé le splitboard (ou la rando en snow plus généralement) ? Quel est ton parcours dans cette activité ?

J’ai commencé avec la volonté d’avoir une approche un peu moins consumériste de la montagne, d’être dans une dynamique de temps différente et de pouvoir s’évader un peu plus.
Cela m’a permis de faire des pentes incroyables en Alaska sans avoir recours à l’hélicoptère, de faire des couloirs « pieds dans l’eau » aux Lofoten, de faire des bivouacs en pleine montagne…
Ce n’est pas ma pratique exclusive, j’apprécie toujours une journée en station à faire du dénivelé mais la proximité avec la montagne qu’offre le split est plus en accord avec ce que je recherche aujourd’hui.

Quel matos utilises-tu pour randonner ? Comment vois-tu l’évolution du matériel dans les prochaines années ?

Mon set up est le split Escape de Nidecker avec des fix Plum. Le matos a bien évolué ces dernières années mais il y a encore beaucoup à faire je pense. Si on compare au ski de rando, on est pas au même niveau, notamment à la montée. Bon on se rattrape à la descente car même les skieurs avoueront que rien ne vaut le snowboard en poudreuse !
Mais oui, je pense qu’il faut travailler sur le poids et sur l’efficacité sur neige dure en montée. C’est pour moi les principales limites du split aujourd’hui.

Tu proposes plusieurs fois dans l’hiver des séjours encadrés dans les Pyrénées avec Pyreneance. Racontes nous un peu !?
Une façon d’allier les projets business, perso, avec du sens, du fond ?

Je connais JB Coffin, le gérant de Pyrénéance depuis pas mal d’année et j’ai toujours aimé son engagement passionné pour les sports de glisse outdoor et sa volonté de partager son amour des Pyrénées. Pas seulement au travers de la pratique sportive mais aussi du savoir vivre, de la culture avec le respect de la singularité Pyrénéenne.
Donc lorsqu’il m’a proposé d’encadrer des séjours c’était une évidence pour moi. Nous en avons fait un en 2022 et nous allons continuer et développer d’autres séjours avec cette volonté de faire découvrir nos Pyrénées et les valeurs qui nous animent.

Tu as toujours jonglé entre la mer et la montagne. Comment fais tu pour bien doser les deux ? Comment t’organises-tu ?

Oui j’ai eu et je continue à avoir la chance de vivre au gré des saisons en montagne et océan. C’est un équilibre qui est vital pour moi. Je ne calcule pas combien de temps je passe ici et là mais je suis mon instinct. Je vis sur la cote mais comme je disais plus tôt, j’ai envie de passer plus de temps en montagne l’été également. Ce que je me suis moins autorisé à faire lorsque ma carrière de compétiteur en snow était au maximum. J’étais au moins les 2/3 de l’année dans la neige donc le reste du temps j’avais besoin d’eau liquide !

Quelles sont les coulisses de la vie de “rider pro” ? Après les sessions de surf ou de snow, il a du boulot je suppose (création de contenu, recherche de sponsors…) ?

Oui en effet, malheureusement ce qu’on voit en photo ou en vidéo ne se fait pas tout seul et ce n’est pas toujours notre quotidien. Surtout aujourd’hui, le métier de rider pro a bien changé. Il ne suffit plus de faire quelques photos pour pouvoir en vivre. Aujourd’hui, je produis mes films donc ca implique beaucoup de boulot en amont, pour trouver des financements, mettre en place une équipe, écrire l’histoire, convaincre les personnages, puis le montage, la communication, la diffusion… Mais c’est ce qui me permet de pouvoir continuer à vivre de ma passion et de continuer à apprendre et découvrir de nouveaux univers.

Tu t’es mis à la course au large cette année. Ça a donné quoi ? Tu vas remettre ça ?

C’était une expérience incroyable, unique! Cela m’a permis de voir l’océan d’une manière différente du regard côtier du surfeur. C’était un challenge physique et mental et il a fallu apprendre beaucoup de choses en peu de temps, mais c’est ce qui me plait ! Je ne suis pas sur de repartir en course au large, mais utiliser la voile comme support d’aventure très certainement sur de futurs projets.

Quels sont tes projets pour cet hiver ? Ou est ce qu’on pourra te croiser ?

Je viens d’avoir un petit garçon donc je risque de rester au maximum dans les Pyrénées cet hiver et j’ai ensuite un projet au Groenland pour le printemps. On va faire un peu au jour le jour avec cette nouvelle aventure qui commence et pour laquelle j’ai forcément envie de consacrer du temps. J’ai hâte de pouvoir partager mes passions avec lui et lui transmettre ce qui me fait vibrer !

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