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Test baudrier Petzl Fly

Après le modèle Altitude qui n’était pas bien lourd (150g), Petzl se positionne sur les baudriers ultra légers avec le Fly à 100g sur la balance (130g en ajoutant les mousses amovibles pour plus de confort) ! Pour arriver à un tel poids, Petzl a réussi à remplacer les boucles acier par un système de cordelette. Le Fly se paye même le luxe d’être enfilable skis aux pieds. Impressionnant pour le poids ! La ceinture et les jambes s’ouvrent complètement. Le système de fermeture à cordelette est étonnamment pratique. Il est même possible de le manipuler avec des gants avec un peu d’habitude. Le baudrier est également réglable toujours grâce au système de cordelette avec des noeuds. La ceinture est un peu plus dure à régler mais comme le réglage reste en place ce n’est pas vraiment un problème. Côté confort, là encore ce modèle est une bonne surprise grâce à la largeur des sangles. Le seul point négatif est qu’il peut être difficile de «démêler» le baudrier à la sortie du sac entre les élastiques, les cordelettes et le harnais. Ceci dit, une fois que l’on a compris comment fonctionne le système, la mise en place est plus rapide.

poids
enfilable skis aux pieds
système léger, pratique et réglable
confort

s’emmêle un peu à la sortie du sac.

L’AVIS DE BENJAMIN RIBEYRE, guide de haute montagne

Légèreté, confort et technicité avant tout !

Je suis Benjamin Ribeyre et j’habite à La Grave dans les Hautes-Alpes. Je partage mon temps en trois mais avec la même passion : la montagne. Je suis guide de haute montagne mais également membre de la patrouille au téléphérique de La Grave et enfin athlète dans l’équipe Petzl.

A la maison

J’ai reçu le Fly au mois de novembre pour l’utiliser tout l’hiver. Comme d’habitude avec du nouveau matériel, je commence par examiner l’objet en question puis j’essaye de l’utiliser les deux pieds au sol dans mon salon. Dans ce cas j’ai enfilé le Fly et l’ai ajusté sans avoir besoin de lire la notice. Les codes couleurs sont assez bien fait pour s’y retrouver.

Une fois de retour dans mon canapé, j’attrape la notice et je lis les instructions. J’assimile un concept que je n’ai jamais utilisé ni porté : le double point d’encordement. Beaucoup de marques ont déjà expérimenté ce concept. Notamment dans la recherche de gain de poids.

Ma dernière étape, lorsque je teste pour la première fois du nouveau matos, est une analyse rapide des risques. Je m’imagine dans les différentes possibilités et configurations d’utilisation de ce harnais et essaye d’anticiper les biais auxquels je pourrais être confronté sur le terrain. Le double point d’attache me semblent être l’élément auquel il va falloir que je sois extrêmement vigilant.

J’imagine la situation suivante : je suis dans un couloir et m’approche d’un rappel que je vais effectuer skis au pied. J’ai déjà le harnais sur moi. J’installe la corde dans le relais puis mon descendeur et mon autobloquant et m’apprête à me pendre dans le vide. Au moment de vérifier mon installation, je constate que je n’ai clippé le connecteur de mon autobloquant que dans un des deux points d’attache.
Pour éviter cette mésaventure, je décide de laisser à demeure un connecteur ou ma longe Connect Adjust.

Maintenant place au test.

Test sur le terrain

J’ai pu utiliser trois mois et demi cette année et dans beaucoup de configurations différentes : goulotte, cascade de glace, ski de randonnée, ski de pente raide et escalade en falaise.

Légèreté et confort

Le baudrier Altitude était léger mais le Fly passe au niveau supérieur. De la lingerie fine que l’on oublie quelques minutes après l’avoir enfilé. Cette légèreté extrême ne rime pas ici avec inconfort. J’ai utilisé le baudrier pour faire de la goulotte et j’ai gardé les mousses amovibles pour plus de confort. Le résultat est bluffant, confort supérieur à l’Altitude mais quand même moins que le Sitta. Pour des voies d’alpinisme où l’on ne va pas être suspendu des heures durant, le Fly est parfait. Pour le ski-alpinisme, son poids de moins de 100 grammes (sans les mousses de confort, inutiles de mon point de vue dans la pratique du ski) le place dans les meilleurs harnais du marché.

Technicité

Le Fly n’a rien à envier à un baudrier « classique » destiné à l’alpinisme. On peut compter deux vrais portes-matériels ainsi que 4 boucles supplémentaires. Ajoutez à cela deux Caritools (porte-broche) en avant des portes-matériels et vous voilà parti pour faire de l’alpinisme. Ces différentes options pour ranger son matériel à la ceinture permettent d’être efficace et de ne pas se perdre sur son propre harnais.

La problématique du double point d’attache, mis en lumière lors de ma rapide analyse des risques s’est révélée en partie fausse. En effet en laissant à demeure un connecteur ou une longe, les deux points d’attache sont toujours reliés et il n’y plus de risque de ne clipper qu’un des deux et de voir le baudrier s’ouvrir sous tension.

Praticité

Les nouveaux systèmes de serrage et d’ajustement via des têtes d’alouette ou une bague passant dans une boucle pour la ceinture ont permis de supprimer tout le métal de ce harnais et ainsi le faire devenir aussi léger que l’air. Mais ce gain de poids a un petit revers. Pour enfiler et ajuster ce harnais avec de gros gants comme on peut en utiliser à ski au-dessus de 3000 m au mois de janvier demande un peu d’expérience. J’ai pour ma part pris le parti de toujours l’avoir sur moi. Plus de problème pour l’enfilage ou l’ajustement car je fais cela chez moi ou à la voiture. Mais ce petit bémol est à garder à l’esprit : essayez votre baudrier à la maison avant de tout de suite vouloir tenter le K2 en hiver !

Mais pas d’inquiétude si vous ne voulez pas partir avec depuis votre voiture alors que vous n’en aurez besoin qu’à la descente dans une dizaine d’heures. Le Fly s’enfile skis au pied et les codes couleurs rendent ce baudrier « stupidproof » (ndlr – équivalent de waterproof mais dans ce cas ne protège pas l’utilisateur de la pluie mais plutôt de sa propre capacité à trouver le moyen de se tuer) .

Conclusion

De loin le meilleur rapport poids/technicité/confort pour un harnais actuellement sur le marché. Un baudrier polyvalent, que je vais utiliser cet été en alpinisme et ce jusqu’à des courses comme la face nord directe de la Meije. 100 grammes de confort sans pour autant lésiner sur la technicité et la compacité. A adopter de toute urgence !