Préparer son corps et optimiser sa gestuelle pour profiter pleinement de chaque sortie.
Il est 7 h du matin. Les frontales du groupe de tête dansent déjà loin devant sur la trace. Toi, tu es à l’arrière. Depuis le premier tiers de la montée, tes quadriceps brûlent. Déjà ? La bouche ouverte, ta respiration devient haletante. Ton cœur tambourine dans ta poitrine. Les questions habituelles commencent à s’installer : « Est-ce que je vais tenir jusqu’au sommet ou est-ce que je vais plomber la sortie de tout le monde ? Et si j’y arrive, dans quel état vais-je me trouver ? »
Cette scène, je l’ai vécue. Je l’ai surtout vue et entendue, très souvent, chez les pratiquants que j’accompagne. Et à chaque fois, le diagnostic est similaire. Ce n’est pas un problème de matériel (il faudra trouver une autre excuse pour s’offrir une nouvelle paire de skis). Ce n’est pas non plus un problème de « cardio » au sens où on l’entend généralement. C’est un problème de préparation physique mal ciblée et d’économie de mouvement.
La montée en peaux de phoque n’est pas une activité d’endurance classique. Ce n’est ni de la course à pied, ni du vélo. C’est un effort prolongé, très musculaire, en altitude, à un rythme qu’on ne décide pas toujours. « Juste courir » ou « juste rouler » l’été et l’automne ne suffisent pas à préparer correctement sa saison. Mieux monter ne sert pas seulement à aller plus vite. C’est pouvoir suivre le groupe qui part vers cette course dont tu rêves, sans avoir peur de la montée. C’est arriver au sommet avec encore la fraîcheur de savourer pleinement la descente. C’est récupérer suffisamment vite pour repartir dès le lendemain et tirer le meilleur de la fenêtre météo. C’est aussi conserver une marge de sécurité lorsque les conditions changent, le manteau neigeux se réchauffe ou que la journée s’allonge. Finalement, mieux monter, c’est surtout profiter davantage de la montagne. La bonne nouvelle, c’est que tirer la langue à la montée n’est pas une fatalité. Derrière cette difficulté se cachent des mécanismes que l’on peut comprendre… et surtout améliorer.



